Penser et réfléchir ça sert à quoi ?
Lu ce matin un article de Julien O Beaulieu dans La Presse, que je cite ici :
“On oublie parfois que la recherche ne vise pas qu’à résoudre des problèmes techniques. C’est également un processus qui permet à des personnes de se développer, tant au point de vue intellectuel que personnel. Pendant plusieurs années, on acquiert des connaissances avancées sur des sujets précis, mais on apprend surtout à réfléchir, à douter, à tisser de nouveaux liens. Tout comme un artiste développe sa pratique artistique au fil du temps, ce processus prend du temps. Souvent, la thèse n’est pas tellement une réponse à une question déterminée quatre ans auparavant, mais le résultat d’un long processus itératif, plein de rencontres, de remises en question et de découvertes. On en sort transformé.“
Cet article touche plusieurs sujets importants dans ma perception de l'honnêteté intellectuelle et du développement humain par l'apprentissage.
Apprendre intellectuellement c'est surtout apprendre à discerner et discriminer. Se frotter à la pensée des autres, trouver les spécialistes, voir les idées qui convergent et divergent, se faire une idée sur un sujet, la remettre en question selon des critères déterminés. Les IA ont des biais et des structures programmées, tout comme nous : des idées, des façons de voir, de trier la masse d'information utilisée. La transparence sur ces biais devient essentielle pour les utiliser en connaissance de cause. Après tout, les IA sont aussi programmées par des humains et utilisent des données produites par des humains.
Et se frotter à la pensée des autres transforme, pour peu qu'on s'ouvre assez à la différence pour risquer l'émerveillement produit par une pensée qui touche juste et éveille au plus profond.
Source :
Julien O Beaulieu. Les doctorats vont (et doivent) survivre à l’IA. Montréal : La Presse. Disponible sur : https://www.lapresse.ca/dialogue/opinions/2026-10-21/les-doctorats-vont-et-doivent-survivre-a-l-ia.php. Consulté le 21 octobre 2026